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Maladie et crises de la vie

Comment se comporte le couple face à la maladie ?

Que devient-il à l’épreuve de la maladie et plus particulièrement du cancer?

Est-il mis en péril ou en sort-il renforcé ?

Comment apprendre pour les conjoints à gérer leurs émotions et à accepter de l’aide dans ces moments de désarroi ?


Dépasser l’onde de choc.


« L’annonce du cancer est toujours un choc. La maladie provoque des changements physiques, de la douleur, un épuisement mutuel. Le couple peut se sentir dépassé par ces bouleversements» et de violentes réactions émotionnelles peuvent surgir. Elles sont tout à fait normales à l’annonce de la maladie.

La vie quotidienne, elle, est perturbée par les séjours à l’hôpital. On a besoin de comprendre ce que vit l’autre quand on n’est pas avec lui ou avec elle, notamment pendant les phases de traitement.

On peut aussi se sentir exclu de la relation que son conjoint entretient avec le corps médical, qui est aussi un lien de proximité physique et émotionnelle, et éprouver un sentiment de rivalité.

A cette confusion s’ajoute encore la crainte de perdre l’autre. Chacun a des difficultés à évoquer la maladie ou ressent un sentiment de culpabilité. « Une personne atteinte de cancer éprouve par moments le besoin de s’isoler. De son côté, le conjoint bien-portant doit pouvoir se ressourcer en dehors du couple et partager s’il le souhaite ses émotions avec des proches. »

D’ailleurs, peut-on vraiment tout se dire au sein du couple ? « C’est une illusion souvent entretenue qui est source de frustrations importantes, surtout face à la maladie. Il est également difficile de savoir comment et quand communiquer sur le cancer, comme de se réserver des espaces où le thème de la maladie est mis de côté. » Il n’y a pas d’émotion juste ou fausse. L’important est d’identifier son ressenti et de l’exprimer… si possible au bon moment.

L’intimité anéantie ?

Chaque couple a sa propre définition de l’intimité qui ne concerne pas exclusivement les relations sexuelles. Pour certains, l’intimité s’apparente davantage à de la tendresse ou à de la complicité : « Une caresse vaut 1000 mots pour certains et un mot remplace 1000 caresses pour d’autres... L’apparition du cancer nécessite bien souvent une redéfinition de la sexualité, et pour certains c’est le début d’un dialogue qui peut s’avérer apaisant. En particulier lorsque les conjoints entretenaient de fréquents rapports sexuels. Chez ces couples, la question de l’intimité mérite d’être soulevée. » Une solution ? Explorer la sensualité, plutôt que de chercher à tout prix à atteindre une forme de «performance sexuelle».

Réinventer la « danse du couple ».

En amour, « Il s’agit d’être à la bonne distance − ni trop près, ni trop loin −, dans une posture confortable. Les partenaires sont bien souvent confrontés à la peur de la fusion ou à celle de l’abandon. »

Au quotidien, il n’est pas facile de se retrouver dans le rôle de soignant ou dans celui de soigné. « Il faut tenter de trouver un équilibre entre donner et recevoir, faire en sorte que la personne malade ne se retrouve pas en état de dépendance totale. Certains couples affirment que la maladie les a rapprochés car elle a permis aux partenaires d’aborder des aspects de leur relation qui étaient jusque-là tus». Le rapport de confiance entre les deux conjoints est essentiel.

Trouver des remèdes à la crise.

Pourtant, que faire lorsque, cette confiance, ce « nous » si patiemment construit, s’effrite ? Penser à consulter car « Une thérapie n’est pas nécessairement longue, parfois seules trois séances suffisent». En cas de problèmes de couple liés à la maladie, il ne faut donc pas hésiter à faire appel à un appui extérieur, par exemple auprès de la consultation de couple et de sexologie de la Fondation Profa.

En parallèle, les assistants sociaux de la Ligue vaudoise contre le cancer, présents dans tout le canton, proposent un soutien concret et une écoute personnalisée aux personnes malades ainsi qu’à leurs conjoints.

Si vous en ressentez le besoin, les structures existantes peuvent vous épauler. N’oubliez surtout pas que « la crise de couple représente une possibilité d’évolution. » C’est une étape, pas une fin.
 

 

 


Ce texte est basé sur l’intervention et les réflexions de Laure Zanchi Duvoisin, conseillère conjugale à la Fondation Profa, à Vevey dans le cadre des Conférences de la Riviera.

 

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